Joey Barton, comment êtes-vous physiquement ? Le coach a dit que vous étiez fatigué… Non. Jusqu’à hier (dimanche), j’avais joué tous les quinze jours en Ligue Europa. C’était la première fois que j’enchaînais deux matchs en une semaine mais je ne suis pas fatigué. Si le coach le désire, je peux jouer mercredi contre Lyon.
Méritiez-vous un carton jaune pour votre semelle sur Florent Balmont ? J’ai tenté un tacle un peu désespéré. J’étais un peu en retard et le carton jaune me semble logique. J’ai commis une erreur sur l’une de mes premières interventions. Mais avec le temps, je n’aurais pas de souci pour m’adapter à ce nouveau jeu et à la façon d’arbitrer des arbitres français. Mais je suis footballeur anglais : par définition, je suis un peu agressif. Je joue de manière très intense. En L1, c’est également très physique. On parle beaucoup de mon premier gros tacle sur Balmont mais moins de ma passe en profondeur sur Valbuena qui abouti au carton rouge, ni de ma frappe au ras du poteau. Celle-là, Landreau était bien content de la voir passer à côté. Ça m’embête un peu que les médias anglais aient relayé cette réputation de joueur un peu agressif plutôt que celle d’un bon footballeur. Mais c’est ce que j’espère montrer en France. Je suis avant tout un bon footballeur et non pas quelqu’un qui ne fait que tacler.
Votre image de mauvais garçon vous gêne-t-elle ? Je n’ai pas voulu créer cette image. Ce sont les médias anglais qui ont inventé et relayé cette image de « Bad Boy » de cinéma. Je suis uniquement venu en France pour jouer au football. C’est ma priorité mais je ne maitrise pas ce que peuvent dire les médias.
Quelle sont les différences entre la L1 et la Premier League ? Je vois beaucoup de différences. Je suis assez surpris du niveau de la L1. J’avais vu pas mal de matchs du championnat de France mais je ne m’étais pas préparé à cette confrontation sur un terrain. La Premier League est un peu moins tactique, plus directe. Ça va beaucoup d’un camp à l’autre avec de longues passes. La L1 est un peu plus défensive. En tant que spectateur, je préfère un jeu plus direct, plus spectaculaire. La Premier League est la plus regardée dans le monde parce qu’il y a beaucoup de buts. Le jeu est très rapide, la L1 peut être parfois ennuyeuse. Par exemple contre Lille, on a eu l’impression qu’ils se satisfaisaient de la défaite. Ils n’ont pas assez tenté de choses. Perdre 1-0 ou 5-0, c’est une défaite quand même et je trouve surprenant que Lille ait verrouillé. En Premier League, les équipes alignent deux ou trois attaquants, il n’est pas rare de voir les gardiens monter sur des corners. Mais malgré tout, je suis content d’appréhender ce nouveau football que je ne connais pas. Contrairement à beaucoup d’Anglais qui ont des œillères et qui restent dans leur championnat sans s’intéresser à d’autres footballs, je suis très heureux d’être ici et de pouvoir découvrir autre chose. « Je vais essayer d'être le Bolt de l'OM »
Comment vous êtes-vous adapté à la région ? Ce qui change le plus, c’est le climat. Par rapport à l’Angleterre, les fans sont vraiment très bienveillants envers mois. J’apprécie tous les jours la passion des gens autour de moi. Où que j’aille, je ressens ce que représente une victoire ou une défaite pour les supporters. Ça me tient à cœur de leur rendre cette passion en faisant de bonnes performances.
Les villes de Marseille et Liverpool se ressemblent-elles ? De par les problèmes économiques et sociaux que peuvent rencontrer les deux villes, c’est similaire. Mais aussi et surtout par rapport à la passion que les gens de Marseille et de Liverpool vouent au football. Ils travaillent dur toute la semaine pour pouvoir venir au stade le week-end et ils veulent voir des personnes qui mouillent le maillot. C’est assez facile pour moi parce que c’est ma façon de jouer. Sur le terrain, je donne tout.
L’OM a-t-il des chances d’être champion ? Aujourd’hui, on est deuxième du championnat. Mais le football, c’est parfois bizarre. Jeudi, on a très bien joué contre Fenerbahçe et on a perdu (1-0, 5eme journée de la phase de poules de Ligue Europa). Et hier, on n’a pas très bien joué et on a gagné. Il y a cinq ou six clubs qui peuvent être champion : Paris, Lyon, Saint-Etienne, Lille, Toulouse et l’OM. Mais la pression est sur le PSG. Ils ont fait d’énormes investissements et ils sont capables de renouveler ça en janvier. C’est l’équipe que tout le monde veut battre. Cette année, c’est la cible identifiée. Personne ne se rappelle du deuxième de la finale du 100m aux JO de Londres. Par contre, tout le monde se souvient d'Usain Bolt. Je suis à Marseille pour gagner. Je vais donc essayer d'être le Bolt de l'OM ! Même si ça sera difficile. « Ma qualité de passe peut faire des dégâts »
Pourriez-vous être le patron que l’OM cherche depuis le départ de Gabriel Heinze ? Heinze, c’est Heinze. Moi, je suis Barton. Il vient d’Argentine, je suis un Anglais, ça fait une grosse différence. Je joue pour l’équipe, pour le collectif. Je continue de m’intégrer jour après jour. Mais pour l’instant, je ne suis pas dans une position de leader. Il y a de grosses personnalités comme Mandanda, Cheyrou et Valbuena. On veut tous montrer le vrai visage de l’OM.
Pourriez-vous aider Jordan Ayew à corriger son image ? Jordan est clairement un joueur passionné. Les personnes ont parfois peur quand elles voient les joueurs exprimer cette passion au grand jour. Je suis aussi un joueur passionné et je trouve que c’est mieux d’exposer cette passion au grand jour plutôt que de ne pas en avoir. Je peux juste l’aider à contrôler un peu cette passion. Mais s’il continue comme ça, il est promis à une belle carrière.
A quel poste préférez-vous jouer ? Je peux jouer un peu partout au milieu. Mais ma position préférée, c’est en 6. Là, je peux stopper les attaques, récupérer le ballon et lancer en profondeur Gignac, Rémy, Valbuena, Ayew ou encore Amalfitano. Ma qualité de passe peut faire des dégâts.
Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux. Aimez-vous ça ? Oui, j’utilise les réseaux sociaux parce que le football ne doit pas rester secret. Ce n’est pas James Bond. C’est bien de pouvoir partager avec les fans. C’est bien pour eux d’avoir un lien un peu plus étroit avec les footballeurs. Je n’aime pas les joueurs qui ne s’arrêtent pas pour signer un autographe, je n’aime pas entendre parler de ces histoires d’égos. Je me veux plus proche des supporters, c’est pour ça que je communique directement avec eux.
_________________ HOJBERG 
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